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"L’innovation est un sport collectif, et un sport de contact " Vrai ou faux?

· Point de vue

Belle métaphore que l'innovation perçue comme un sport, et analysée comme telle dans un très bon article du site de HEC Montréal (cf référence ci-dessous) de François Normandin. La comparaison vient du concepteur technique de la Swatch, Elmar Mock, et comme dans tout sport, l'innovation a ses propres règles du jeu, sa propre culture (le tennis n'a pas la même que le foot), ses propres joueurs et centres d'entraînement. Son propre "mercato" aussi où les innovateurs de génie - qu'ils soient designers ou développeurs - se rachètent à prix d'or.

Mais surtout, comme beaucoup de sports, l'innovation serait un sport collectif. Elle n'aurait en cela rien en commun avec des sports individuels - on pense à la boxe, au tennis, à la formule 1 : elle ne serait pas - contrairement aux idées reçues - l'apanage d'un créateur solitaire, sorte de savant fou dont les idées jailliraient comme des éclairs du laboratoire du professeur Frankenstein au moment de la naissance de sa créature. Certes l'idée de départ peut venir d'une fulgurance individuelle, ou du constat d'un besoin réalisé par un observateur unique et perspicace. Mais le plus dur, comme disait Michael Dell, fondateur de la marque du même nom, ce n'est pas d'avoir des idées : c'est de les transformer en business. « Innover, c’est facile. La difficulté, c’est de transformer une innovation en un vrai business. », disait-il.

« Innover, c’est facile. La difficulté, c’est de transformer une innovation en un vrai business. » - Michael Dell

Et c'est ça le vrai sujet : comment passer d'une idée - aussi imparfaite soit-elle au départ - à un projet qui tient la route économiquement, et qui s'inscrit dans la logique (l'ADN) de l'entreprise où il est né ? C'est rarement un fait individuel, mais plutôt le fruit d'un travail collectif. Et pour impulser le collectif, il y a d'abord une volonté collective, souvent incarnée par la direction - ou un leader : pour Laurent Simon, directeur du Mosaic - un groupe de recherche sur l'innovation - "le dirigeant doit instaurer une culture; il occupe la fonction de « jardinier »". Jardinier de ses propres équipes donc. Avec l'étiquette du leadership. Des équipes sur lesquelles il faudra verser délicatement de l'eau et des engrais ?

Plutôt que cette logique top-down, on pourrait également citer le travail de l'intrapreneur qui agit en bottom-up, dynamisant les équipes depuis la base...et qui relève plus d'une logique individuelle !

Quoiqu'il en soit, dans les deux cas, l'innovation ne peut advenir si elle ne devient pas un fait culturel. Or, comme le dit l'un des dirigeant cités dans l'article de HEC Montréal, "ce sont souvent les gens les plus expérimentés qui peuvent avoir tendance à résister aux changements".La solution selon lui? La formation. Ou..."Dénicher de nouveaux candidats quand le besoin se fait ressentir. Si les personnes en place refusent d’accepter les outils offerts par l’organisation pour progresser, il faut trouver d’autres travailleurs capables d’avancer", lit on dans l'article. Pas sûr que remplacer soit la meilleure stratégie pour créer du collectif... 

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